Fédérer les parties prenantes : et si tout était une question de liens ?

par | 31 Oct 2026

En 1992, lorsque j’ai commencé à exercer les relations publics, j’avais déjà une conviction : une organisation ne peut exister durablement sans les publics avec lesquels elle interagit. Trente-quatre ans plus tard, cette conviction n’a pas changé. Elle s’est enrichie de mes expériences, de mes rencontres et des transformations de notre société.

La signature de mon agence, MP & C, résume cette philosophie : « Fédérer vos parties prenantes. »

Susciter l’intérêt des médias, mobiliser vos collaborateurs, informer vos consommateurs, vos donateurs ou vos adhérents, dialoguer avec les institutions.

Ces quelques mots traduisent une conception des relations publics qui ne se limite ni aux relations presse, ni à la communication institutionnelle, ni à la recherche de visibilité.

Ils expriment avant tout une manière d’envisager les relations entre une organisation et son environnement.

Fédérer plutôt que convaincre à tout prix

Pourquoi avoir choisi le verbe « fédérer » ?

Parce que fédérer ne signifie pas uniformiser les opinions, effacer les désaccords ou rechercher systématiquement le consensus.

Les parties prenantes d’une organisation n’ont pas nécessairement les mêmes intérêts. Un collaborateur, un consommateur, un élu, un journaliste, un partenaire économique ou un représentant associatif, un attaché culturel d’ambassade ne regardent pas une organisation avec les mêmes attentes. Et c’est parfaitement normal.

Le rôle des relations publics consiste précisément à comprendre ces différences, à identifier les points de convergence et à rendre possible le dialogue. Il ne s’agit pas uniquement de faire connaître une organisation. Il s’agit aussi de lui permettre de connaître et de comprendre ses publics.

Cette circulation de l’information, dans les deux sens, constitue pour moi le fondement même de notre métier.

Une profession au croisement des disciplines

Mon parcours m’a amenée à explorer des domaines qui peuvent sembler éloignés : le droit, les langues, la philosophie, les lettres, la sociologie, l’économie, la publicité, le marketing, les relations institutionnelles, le lobbying ou encore la transition écologique.

Pendant longtemps, ces connaissances ont accompagné différentes missions, dans différents secteurs.

Aujourd’hui, je mesure combien elles sont complémentaires. Comprendre un contrat ne suffit pas si l’on ne comprend pas les cultures de ceux qui le négocient.

Connaître les mécanismes du marketing ne suffit pas si l’on ignore les attentes sociales des consommateurs.

Maîtriser les techniques de communication ne suffit pas si l’on ne comprend pas les enjeux économiques, politiques ou humains qui traversent une organisation.

Et dialoguer avec une institution suppose bien davantage que de disposer du bon carnet d’adresses.

Les relations publics mobilisent simultanément des savoirs juridiques, économiques, sociologiques, culturels, parfois diplomatiques mais surtout et humains.

C’est cette interdisciplinarité qui en fait, à mes yeux, un métier profondément stratégique.

De la relation à l’écosystème

Une expérience récente m’a permis de mesurer concrètement cette convergence : la co-organisation d’un festival international consacré aux cultures urbaines asiatiques.

Il fallait y faire dialoguer des artistes et leurs équipes, des partenaires privés, des institutions, des représentants diplomatiques, des médias, des prestataires, des organisateurs et des publics venus d’horizons très différents.

Chacun avait ses attentes, ses contraintes, ses objectifs et parfois ses propres codes culturels.

Dans ce contexte, la réussite ne reposait pas seulement sur la programmation artistique ou sur la visibilité médiatique.

Elle dépendait aussi de notre capacité collective à créer un environnement dans lequel ces acteurs pouvaient travailler ensemble.

Cela suppose de négocier, d’expliquer, d’écouter, de reconnaître les contributions de chacun, parfois de désamorcer des tensions et, surtout, de construire des relations qui puissent se poursuivre au-delà de l’événement.

C’est là que la notion d’écosystème prend tout son sens. Un écosystème ne se décrète pas. Il se construit dans la durée, à travers la confiance, la réciprocité et la reconnaissance mutuelle.

Le trait d’union entre les publics et les organisations

Une autre formule accompagne depuis longtemps mon activité :

« Le trait d’union entre vos publics et votre organisation. »

Elle exprime peut-être encore mieux ma conception des relations publics.

Un trait d’union relie sans confondre. Il rapproche sans effacer les différences.

Il permet à des acteurs de construire quelque chose ensemble tout en préservant leur identité et leurs intérêts propres. C’est aussi ce que symbolise, à mes yeux, l’esperluette, ce « & » que l’on retrouve dans la dénomination de mon agence : MP & C. (Média Presse & Communication)

Un petit signe typographique qui dit beaucoup de choses : l’association, la relation, la complémentarité, parfois même la nécessité de faire coexister des positions divergentes.

Je me plais aujourd’hui à penser que je suis,  tout comme le représente mon logo, une esperluette professionnelle.

Trente-quatre ans plus tard, une conviction intacte

À l’heure où les organisations parlent de responsabilité sociétale, de dialogue avec les parties prenantes, d’engagement, d’influence ou de coopération, je constate que les fondamentaux de mon métier demeurent.

Les outils ont changé. Les réseaux sociaux ont bouleversé la circulation de l’information. Les publics peuvent désormais interpeller directement les organisations, contester leurs décisions et participer à la construction de leur réputation.

Mais aucune technologie ne remplace la qualité d’une relation.

Et aucune stratégie de communication ne peut durablement compenser l’absence d’écoute, de cohérence ou de confiance.

Après trente-quatre années d’exercice, je n’ai pas le sentiment de découvrir un nouveau métier. J’ai plutôt celui de voir converger les multiples dimensions d’une profession que j’ai toujours considérée comme transversale.

Fédérer les parties prenantes, ce n’est pas seulement communiquer avec elles. C’est créer les conditions pour qu’elles puissent se comprendre, dialoguer et, lorsque cela est possible, agir ensemble.

C’était ma conviction en 1992. C’est toujours ma conception des relations publics en 2026.

Et je crois qu’elle a encore de beaux jours devant elle.

Et pour en savoir davantage : lisez nos missions et nos projets  ici

 

Sur le même thème

Written by

Pin It on Pinterest