Relations publics du A Festival : 89 accrédités, 107 retombées et du vertical !

par | 16 Oct 2026

THE A FESTIVAL raconte déjà des nouvelles relations publics

 

À quelques jours de sa première édition, les chiffres d’accréditation soulignent l’essor d’une nouvelle forme de relations publics : 89 accrédités, 107 retombées. Pris isolément, le chiffre est déjà intéressant pour une première édition. Mais il devient beaucoup plus révélateur lorsqu’on regarde qui se cache derrière ces accréditations, ce qui a déjà été publié avant même l’ouverture des portes et la manière dont les formats de médiatisation sont en train de changer.

Sur les 89 personnes accréditées, 53 relèvent de profils journalistiques ou assimilés : rédacteurs, photographes, vidéastes, radios, podcasts et médias audiovisuels. Les 36 autres sont des créateurs et créatrices de contenu.

Environ 60 % de journalistes et 40 % de créateurs.

On pourrait s’en tenir à cette répartition. Elle raconte pourtant beaucoup plus qu’une simple ventilation statistique.

La presse n’a pas disparu. Elle s’est entourée de nouveaux voisins

Depuis quelques années, une idée revient régulièrement : les réseaux sociaux auraient remplacé les médias traditionnels et les créateurs remplaceraient progressivement les journalistes.

Les chiffres observés autour de THE A FESTIVAL racontent une réalité beaucoup plus nuancée.

Les journalistes sont toujours là. Ils préparent des interviews, demandent des dossiers, cherchent des données, vérifient les informations, construisent des sujets et produisent des contenus qui restent parfois accessibles plusieurs années après leur publication.

À leurs côtés se développent d’autres écritures.

Un Reel peut raconter trente secondes d’un concert. Une story peut montrer les coulisses d’un fan meeting. Un TikTok peut faire découvrir en quelques heures un artiste encore inconnu d’une partie du public européen. Un vlog peut restituer deux journées d’expérience festival avec une proximité que la presse traditionnelle ne recherche pas nécessairement.

Deux temporalités coexistent :

  • L’une travaille souvent dans la durée, avec un sujet construit, une interview, une analyse.
  • L’autre fonctionne davantage dans l’immédiateté, l’incarnation et la circulation sociale.

Mais les frontières deviennent de plus en plus poreuses.

Certains médias ont développé une puissance considérable sur les réseaux sociaux. À l’inverse, certains créateurs réalisent aujourd’hui des interviews longues, préparent leurs sujets, vérifient leurs informations et produisent de véritables contenus éditoriaux.

Le paysage ne se divise donc plus proprement entre presse d’un côté et influence de l’autre.

Il devient hybride. Et cette hybridation change profondément le métier des relations publics.

La couverture commence bien avant l’événement

Au 15 octobre, soit plus d’une semaine avant l’ouverture du Festival, la veille médias de THE A FESTIVAL comptabilise déjà 107 retombées distinctes.

Parmi elles :

58 articles, interviews ou contenus éditoriaux,
25 agendas ou fiches événement,
24 posts, stories ou relais sociaux. RDP-15octobre-AFestival-107reto…

Le volume est intéressant. Sa composition l’est davantage. Plus de la moitié du corpus est déjà constitué de contenus éditoriaux.

Depuis le 29 septembre, 31 nouvelles retombées ont été identifiées, faisant passer le corpus de 76 à 107 publications, soit une progression d’environ 41 % en un peu plus de deux semaines. RDP-15octobre-AFestival-107reto…

La couverture médiatique d’un événement culturel ne commence donc plus le jour où les portes s’ouvrent.

Elle commence parfois plusieurs mois auparavant. Elle se construit avec les premières annonces d’artistes, les interviews, les castings, les contenus partenaires, les annonces de tournée, les informations billetterie, puis les sujets qui replacent l’événement dans un contexte culturel ou économique plus large.

Le Festival devient ainsi progressivement un objet médiatique avant même de devenir un événement physique.

50 millions de contacts potentiels, mais attention aux additions faciles

La veille fait apparaître une portée potentielle cumulée supérieure à 50,2 millions de contacts médias.

Parallèlement, les comptes sociaux d’Envol Production et de 5 Oceans Entertainment ont généré près de 5 millions de vues depuis les premières annonces. RDP-15octobre-AFestival-107reto…

La tentation serait grande d’additionner les deux chiffres. Nous avons choisi de ne pas le faire.

Une audience média potentielle, des vues sociales, des téléchargements d’application ou des abonnés ne mesurent pas la même chose.

La règle est simple : on n’additionne pas des pommes, des mangues et des smartphones sous prétexte qu’ils tiennent tous dans une colonne Excel.

C’est aussi l’un des rôles d’un observatoire : résister à la tentation du gros chiffre lorsque son périmètre n’est pas comparable.

Cette même prudence devient indispensable lorsque l’on observe les mutations actuelles des industries culturelles asiatiques.

Et soudain, les écrans se sont redressés

Une autre transformation est en train de modifier profondément la création et la consommation de contenus : l’essor des séries verticales et des microdramas.

Il faut déjà préciser le vocabulaire.

Toutes les séries courtes ne sont pas verticales. Le terme devrait être réservé aux œuvres effectivement pensées ou distribuées dans ce format, principalement destiné au smartphone. preview

Ce qui pouvait encore apparaître récemment comme une curiosité numérique devient une industrie mondiale.

Selon les données réunies par l’Observatoire, le marché mondial des microdramas aurait représenté environ 11 milliards de dollars en 2025 et pourrait atteindre 14 milliards de dollars à la fin de 2026. La part réalisée hors de Chine pourrait atteindre 3 milliards de dollars. preview

Sensor Tower recense par ailleurs plus de 850 millions de téléchargements d’applications de séries courtes au premier trimestre 2026, soit une progression de 140 % en un an. preview

Les applications DramaBox et ReelShort auraient chacune généré près de 140 millions de dollars d’achats intégrés au premier trimestre 2026. preview

En Asie du Sud-Est, près de 87 millions de téléchargements avaient déjà été enregistrés au premier trimestre 2025, en hausse de 61 % sur le trimestre. preview

Et le phénomène déborde désormais du smartphone.

En Chine, 124 microdramas ont été diffusés sur des chaînes de télévision satellitaires en 2025, soit une progression de 254,3 % en un an. Trente-six chaînes étaient concernées, contre dix en 2024. preview

Là encore, prudence : ces données proviennent de sources et de périmètres différents et ne doivent pas être additionnées. preview

Mais leur convergence raconte une transformation incontestable.

Le vertical n’est pas seulement un format. C’est une nouvelle grammaire

Le plus intéressant n’est peut-être même pas le chiffre d’affaires.

C’est ce que ce format change dans notre manière de raconter.

Pendant des décennies, le paysage audiovisuel a été pensé horizontalement. Cinéma, télévision, ordinateur : notre regard balayait l’image de gauche à droite.

Le smartphone a progressivement retourné l’écran.

Avec lui arrivent de nouvelles contraintes : cadre plus étroit, rythme accéléré, gros plans plus fréquents, narration immédiatement compréhensible, cliffhangers rapprochés, épisodes très courts.

Ce qui change aujourd’hui, ce n’est donc pas simplement la forme de l’écran.

C’est une partie de la grammaire narrative.

Et cette transformation intéresse directement les relations publics.

Car les médias eux-mêmes produisent désormais dans ces formats.

Le journaliste qui réalise une interview de vingt minutes peut aussi en extraire trente secondes verticales.

Le média qui publie un article de 5 000 signes peut simultanément produire un Reel.

Le créateur qui couvre un festival peut réaliser une story dans l’instant puis publier un sujet beaucoup plus construit quelques jours plus tard.

Le format vertical n’est donc plus seulement un objet culturel à observer.

Il devient aussi un canal de médiatisation de cet objet culturel.

Voilà pourquoi THE A FESTIVAL a choisi d’intégrer les French Verticals dans ses Industry Talks : les mutations de la création et celles de la médiatisation avancent désormais ensemble.

Le soft power asiatique ne vient pas d’un seul pays

Une autre observation mérite d’être faite.

Lorsque l’on parle de divertissement asiatique en Europe, la conversation reste encore très souvent dominée par la Corée du Sud.

Son rôle est incontestable.

Mais la programmation de THE A FESTIVAL montre justement que la dynamique est désormais beaucoup plus large : Thaïlande, Philippines, Malaisie, Japon, Chine, Myanmar, Corée du Sud et autres scènes régionales composent aujourd’hui un paysage beaucoup plus complexe.

La revue de presse le montre déjà.

Des publications provenant de France, d’Allemagne, d’Italie, de Malaisie, des Philippines, de Singapour, du Japon, de Corée du Sud ou du Royaume-Uni ont relayé ou développé des sujets liés au festival. RDP-15octobre-AFestival-107reto… RDP-15octobre-AFestival-107reto…

Les artistes circulent.

Les contenus circulent.

Les publics aussi.

Une autre circulation est également à l’œuvre : celle des patrimoines

L’Observatoire travaille parallèlement sur une autre transformation : la manière dont les scènes pop asiatiques réintroduisent leurs patrimoines locaux dans des formats musicaux mondialisés.

DOLLA, en Malaisie, mobilise par exemple dans UGLY un imaginaire lié au wayang kulit.

ALAMAT associe aux Philippines R&B, neo-soul, langues et références régionales.

En Indonésie, no na combine certains titres à des instruments, rythmes ou marqueurs culturels locaux.

Ces références traditionnelles ne sont plus nécessairement utilisées comme de simples décors nostalgiques.

Elles peuvent devenir des éléments de différenciation sur un marché mondial. preview

C’est là que se trouve peut-être l’une des mutations les plus passionnantes de ces industries culturelles.

Les formats circulent mondialement.

Mais les identités locales ne disparaissent pas nécessairement avec cette mondialisation.

Elles peuvent au contraire devenir une ressource.

Le R&B comme langage commun

Même phénomène musicalement.

Le R&B est devenu une partie de la grammaire de nombreuses pop urbaines asiatiques : harmonies, mélismes, ad-libs, neo-soul, trap-soul, new jack swing.

Mais cette matrice internationale est constamment réinterprétée.

L’Observatoire travaille précisément sur cette double dynamique : adopter un langage musical mondial tout en y réinjectant des langues, des références et des identités locales. preview

C’est probablement là que réside une partie de la puissance actuelle de ces industries.

Elles ne se contentent plus d’exporter des artistes.

Elles exportent des modèles de création, de production, de narration, de fandom et désormais de distribution.

Ce que cela change pour les relations publics

Pour les professionnels des relations médias, les conséquences sont considérables.

Il ne suffit plus d’envoyer un communiqué à une liste de journalistes.

Il faut comprendre des communautés.

Identifier les bons angles.

Savoir qu’un même artiste peut intéresser un média musical pour sa production, un média culturel pour son identité, un média économique pour son industrie, un média mode pour son image, un créateur TikTok pour sa chorégraphie ou un universitaire pour les circulations culturelles qu’il représente.

Il faut aussi apprendre à travailler entre plusieurs cultures professionnelles.

Les agences asiatiques accordent souvent une place importante au collectif, à la cohérence du groupe et à la maîtrise du message.

La presse européenne est historiquement beaucoup plus attachée à son indépendance éditoriale et à la possibilité de sortir du discours officiel.

Le rôle des relations publics consiste alors moins à contrôler qu’à traduire.

Créer des ponts. Faire des traits d’union.

Et surtout construire suffisamment de confiance pour que deux cultures professionnelles différentes puissent travailler ensemble.

THE A FESTIVAL comme laboratoire

C’est probablement ce que cette première édition permet déjà d’observer.

89 personnes accréditées.

107 retombées avant l’ouverture.

Des journalistes et des créateurs.

Des articles longs et des vidéos de quelques secondes.

Des médias français et internationaux.

Des industries musicales, audiovisuelles et digitales qui se croisent.

Des fans qui ne sont plus seulement des spectateurs mais deviennent parfois danseurs, figurants, participants, créateurs ou relais.

THE A FESTIVAL s’est défini comme un ODRANI, Objet de Rencontres Asiatiques Non Identifié.

L’expression était volontairement légère.

Mais elle dit peut-être quelque chose de plus profond.

Nous ne sommes plus tout à fait face à un festival, à une convention, à un salon professionnel ou à un fan meeting.

Nous sommes devant des espaces hybrides où se rencontrent artistes, producteurs, publics, médias, plateformes et communautés.

Et pour les relations publics, c’est probablement là que se situe aujourd’hui l’un des terrains les plus intéressants à observer.

Le véritable indicateur n’est plus seulement de savoir combien de personnes parlent d’un événement.

Il faut désormais regarder qui parle, à qui, dans quel pays, sur quelle plateforme, dans quel format, à quel moment… et ce que cette circulation produit ensuite.

C’est précisément pour cela qu’un observatoire devient utile. Pas seulement pour compter.

Pour comprendre ce qui est en train de changer.

 

 

Et pour aller plus loin :

L’observatoire :notes  sur les axes de recherche sur les pop asiatiques :  lire

La billeterie The A festival :  cliquez

 

 

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