Faut-il créer un observatoire des relations publics entre l’Europe et l’Asie ?
En plus de trente ans de relations publics, j’ai vu naître des médias, disparaître des titres, arriver Internet, les réseaux sociaux… puis l’intelligence artificielle. Pourtant, la transformation qui m’occupe aujourd’hui est ailleurs. Les industries culturelles urbaines asiatiques sont en pleine recomposition. Beaucoup l’oublient, mais le Japon a longtemps été la principale référence en Europe. Puis la Corée du Sud a changé d’échelle. Aujourd’hui, la Thaïlande, la Chine, les Philippines, l’Indonésie et d’autres pays proposent à leur tour leurs artistes, leurs formats et leurs univers.
Pourquoi certains pays s’imposent ils plus rapidement que d’autres ? Est-ce une question d’investissements, de plateformes, de stratégies publiques, de communautés de fans ou de récits culturels ? C’est précisément ce que nous cherchons à comprendre.
Pour les journalistes, les entreprises et les communicants, ces évolutions ne sont pas anecdotiques. Elles annoncent de nouveaux marchés, de nouveaux publics et de nouveaux relais d’influence.
Un observatoire pour analyser, observer, mesurer… et s’adapter.
Chez MP & C, en étroite collaboration avec 5 Oceans Entertainment, nous avons créé un Bureau des tendances. Il s’appuie sur plusieurs outils d’intelligence artificielle, mais aussi sur une présence permanente sur le terrain. Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, observer ne suffit plus. Comprendre un marché, c’est aussi comprendre les femmes et les hommes qui le font vivre, leurs pratiques professionnelles, leurs références culturelles et leurs modes de décision.
Ces derniers mois, nous avons commencé à comparer les pratiques des relations publics dans plusieurs pays d’Asie. Les premiers résultats sont passionnants. Ils montrent que les différences ne sont peut-être pas là où nous les imaginions.
En Europe, dans un marché émergent, la confusion des rôles prédomine
Les principes déontologiques des relations publics sont finalement très proches des nôtres. Indépendance des journalistes, transparence, distinction entre information, communication, publicité et partenariats : les pratiques professionnelles sont tout aussi codifiées qu’en Europe. En revanche, le développement très rapide des cultures urbaines asiatiques en Europe a parfois conduit à un mélange des rôles.
Journalistes, influenceurs, créateurs de contenus, partenaires, porte-parole et communautés de fans ont parfois évolué dans des espaces où les frontières professionnelles étaient moins clairement identifiées.
Je comprends aujourd’hui pourquoi une partie de la presse généraliste française peine encore à appréhender cet univers. Non pas parce qu’il manquerait de professionnalisme, mais parce qu’elle ne retrouve pas toujours les repères auxquels elle est habituée. Je saisis aussi beaucoup mieux l’intérêt que portent certaines agences asiatiques à notre travail.
Pérenniser des pratiques plus lisibles
Notre ambition n’est pas de recréer des codes ou une éthique professionnelle. Ils existent déjà, en Europe comme en Asie. En revanche, nous pensons qu’il est temps de contribuer à pérenniser des pratiques plus lisibles et moins poreuses, où les responsabilités, les métiers et les rôles de chacun sont clairement identifiés.
À mesure que les cultures urbaines asiatiques s’installent durablement en Europe, leur écosystème professionnel entre lui aussi dans une nouvelle phase de maturité. C’est l’une des missions que nous souhaitons porter avec notre Bureau des tendances qui au fur et à mesure des analyses s’apparente désormais davantage à un observatoire.
Nous retrouverons beaucoup des ses observations dans les travaux, conférences et documents de presse pour the A Festival, l’évènement qui se tiendra à Paris Est Event les 24 & 25 octobre 2026




